[12-17]
Du maintien.
On ne saurait faire l’énumération de tous les défauts qui prenneut
leur source dans un mauvais maintien, et que le temps ne peut
détruire. Il importe donc beaucoup de commencer par se former un bon
maintien. La plante du pied est la vraie basse sur laquelle porte
tout le poids du corps; mais c’est la ceinture qui renferme
réellement, l’à-plomb et facilite l’exécution de la danse. On ne peut
ȇtre bon danseur sans ȇtre ferme sur ses reins : si on les abandonne,
il est impossible de se soutenir dans une ligne droite ; on risque à
chaque instant de perdre le centre de gravité, et l’on ne saurait
retrouver son équilibre qu’après des efforts et des contorsions qui
ôtent à la danse tout son agrément. Le danseur bien assis sur ses
hanches, doit montrer sa poitrine à découvert par l’effacement des
épaules, et la position de la tȇte légèrement en arrière : le menton
doit ȇtre un peu rentré en dessous de la machoire. Il ne faut point
serrer la machoire ni ouvrir les yeux avec force :
ces différentes
expressions donnent de la rudesse au visage, et impriment des
sensations pénibles et désagréables ; les bras, qui n’acquièrent de
l’agilité et de la grace que par la manière dont les coudes et les
poingets sont tournés, doivent toujours ȇtre prêts à se porter
par-tout où l’exigera le sens de la danse que l’on exprime. Le
visage, miroir fidèle et interprète éloquent des sentimens de l’ame,
doit peindre cette douce gaîté, cet air agréable et décent, qui
prêtent à la danse ce charme qu’il reçoit à son tour.
Lorsqu’on danse, la tête suit la direction du corps ; s’il se porte à
droite, la tête et l’épaule se présenteront toujours au danseur qui
est en opposition, en tenant réciproquement la vue fixée sur la
poitrine l’un de l’autre. Pour changer le sens de la danse, on tourne
la tête légèrement vers l’épaule qui se rapproche et avance un peu
vers la tête pour le présenter également sans mouvoir la ceinture qui
doit ȇtre avancée, sans que pour cela le ventre soit plus saillant.
Les bras doivent ȇtre souples, et decrire une forme arrondie peu
sensible de condes legerement tournes en dessus, ce qui présente la
saignée vers le côte ; les poignets tournes en contraste avec les
coudes, les mains arrondies, des doigts sans ȇtre serres, le pouce et
l’index formant une rondeur qui se présente en dessus, et repond au
coude maintenu dans un grand etat de souplesse. Dans cette position,
les bras presentent un moëlleux qu’ils perdent lorsque la saignée est
en dessus.
Les cavaliers les tiendront pres d’eux en cet etat ; les dames
tiendront leur robe legerement du bout des doigts, sous le pouce et
l’index, la prenant à portée de leurs mains. Celles qui sont grandes
et minces, tiendront les bras un peu avances et ecartes, pour orner le
corps dans les proportions. Celles qui sont epaisses les tiendront
plus rapproches, afin de ne pas le paratre davantage ; et si le ventre
est fort, elles le masqueront en avancant un peu les bras : si, au
contraire, la ceinture est saillante en arrière, il faut tenir les
bras en arrière, mais legerement, pour ne pas leur donner de roideur.
Si les formes sont egales, il faudra tenir les bras sur les côtes
proportionellement.
Ainsi, selon que l’exigera le sens de la danse, les bras seront places
comme nous venons de la demontrer. Lorsqu’on veut en lever un ou
deux, on le soutient pres de soi, le coude en dessus, sans hausser
l’epaule ; on le leve à la hauteur de la poitrine, laissant un peu
plier le coude que l’on développe, en levant l’avant-bras pour porter
la main tournée en dessus en face la poitrine, ayant soin de tenir le
bras arrondi, l’our baisser le bras, ou descend la main en dedans, et
le bras descend continuellement à sa place quand on leve
alternativement les deux bras : au premier mouvement que l’un fait
pour redescendre, l’autre fait le sien pour se lever et arriver en
même temps. Pour lever les deux bras à la fois, on suit la même règle
que pour un seul ; en les levant, on les soutient pres de soi, et
arrondis : quand ils sont à la hautuer de la poitrine, pour baisser
les bras, les mains rentrent en dedans, les bras descendent
continuellement à leur place. Lorsqu’on se donne la main, la dame
entre la sienne sur celle de son cavalier qui la recoit. Ces
mouvemens doivent ȇtre exécutes doucement suivant le mouvement de la
mesure, et continuement, en observant les rapprochemens de tête et
d’epaule, qui s’exécuteront du côte, ou l’on porte les bras ; la tête
haute, les regards portes reciproquement l’un vers l’autre. Lorsqu’on
leve les bras à la fois, la tête et les épaules restent de face.
L’art indique, et l’amourpropre exécute. N’oublions jamais que ce
n’est qu’en observant les règles du maintien, que l’on peut procurer
au corps le jeu agréable qui produit le charme de la danse : ce charme
est presque toujours dû à un léger abandon sur différens temps, à des
oppositions de tête ou d’épaule faites à propos, enfin à plusieurs
autres mouvemens du ressort de l’art, mais tourjours réglés par la
décence sans laquelle on tombe dans tous les défauts du mauvais goût
et du mauvais ton.
La danse est au corps ce que la lecture est à l’esprit. Si
la lecture est bonne, elle orne l’esprit et le fait briller d’un éclat
plus vif que s’il était abandonné à ses seules ressources. Si le
genre de danse est bon, il donne au corps des avantages que la nature
seule ne donne point, et qui nous distinguent des danseurs ordinaires.
Je ne puis terminer un article sur le maintien, sans
recommander le menuet comme un des plus sûrs moyenes d’acquérir et de
conserver le maintien le plus noble et le plus gracieux. Quoique
rejeté par presque tous nos danseurs modernes, peut-ȇtre parce qu’il
est le moins gai de tous les genres, le menuet n’en est pas moins une
danse tout aimable, et qui demande un talent particulier ; sa noble et
élégante simplicité exige que le sujet qui l’exécute cnnaisse à fond
les principes, et déploie toutes les grâces du maintien ; la lenteur
de son mouvement donne le temps à l’attention d’approfondir les
principes d’une manière sûre, et au corps, celui de se développer et
de se dessiner avec autant de méthode que de goût : c’est là, en un
mot, que l’on peut acquérir plus facilement l'à-plomb et la précision.
Sans ces qualités, un danseur ne parviendra jamais à un degré parfait.
[10-14]
ON DEPORTMENT.
It would be impossible to enumerate all the defects which originate from a
bad deportment, and which become afterwards quite unconquerable. Thus, it is
essentially important to acquire, at first, a good deportment. The sole of
the foot is the real basis upon which rests all the weight of the body, but
the equilibrium and ease of execution are in the hips. A dancer must be firm
on his hips; if not so, he cannot hold himself straight. He runs continually
the risk of losing his center of gravity, and cannot find his equilibrium or
keep his balance but by making efforts and contortions which deprive dancing
of all its charms and of all its grace.
A dancer, holding his body perpendicular and firm upon his hips, will
display his breast enlarged by the throwing off of the shoulders backwards;
the head must also be held a little in that way, and the chin somewhat lower
than the jaw-bone. The mouth must not be shut up with apparent force, the
teeth, must not press hard upon each other nor the eyes be forcibly opened,
because situations of this description give an expression of extreme
harshness to the features, and cause painful sensations to the
beholders. The arms, which receive all their agility and grace from the
manner of holding the elbows and wrists, must always be held up ready to
move according to the expression of the dance; the face, that faithful
mirror and eloquent interpreter of the sentiments of the soul, should
display an air of gaiety, modesty, and decency, which give an indescribable
effect to the fascinating charms of dancing.
Whilst dancing, the head is to follow the direction of the body; that is, it
must be turned towards the opposite dancer. When the direction of the dance
changes, the head must be turned gently towards the shoulder, which is
itself brought a little towards the head, without moving the body.
The arms should be flexible, and held partly circular about the elbows,
which must be turned out from the body. In that attitude, the flat of the
arm will be turned in towards the side. Keep the hands rounded, and the
fingers loose: the fore finger and thumb to form a ring, which will show in
front and correspond with the elbows. The arms, held in that pliant
attitude, have a peculiar grace, which is not the case when the flat part of
them is turned upwards in correspondence with the palm of the hand.
Ladies should hold their robe, slightly, between the thumb and fore-finger,
observing to keep it at arms length. It would be preferable for those who
are tall and thin to hold their arms a little further from the body than
those of a different structure. The reason of this observation is obvious.
However, a lady must always hold her arms in a way to give passage to the
light; because it delineates the shape of the body, which has the appearance
of an imperfect mass when the arms are kept too close to it. The measure of
these circular and semi-circular motions which are described by the arms are
not invariably determined. Taste, alone, with the assistance of a judicious
teacher, can regulate them. To raise an arm, the elbow must be maintained
upwards, as above described; keeping the shoulder in its natural position;
the arm, by ladies, to be raised to the height of the breast, and the top of
the hand turned upwards, because, when giving hands, theirs is to rest
slightly upon that of the gentleman, who, at the moment of receiving it,
will turn his own so as to bring the fore-finger up, and the palm of the
hand towards the breast. The arm must be held up in a circular form,
in order to attain which, the elbow must be a little lowér than the
shoulder, and the wrist somewhat lower than the elbow. In that attitude, the
arm and the wrist will nearly describe one quarter of a circle. When you
lower the arm, keep the palm of the hand inside, and the arm will continue
to descend naturally to its first place. When the arms are to be raised and
lowered alternately, the one which is down must begin to rise at the moment
the one which is up begins to descend; so that the one ascending reaches its
point of ascension at the same time that the arm descending will reach its
first position.
To raise and lower both arms follow the same method as for one. I would
recommend the raising and lowering of each arm alternately, and next of both
together; as an exercise to which the pupils cannot pay too much attention,
and which they should practice a great deal; because it is the very point
upon which the generality of dancers are most defective, although so very
essential in dancing and to the acquirement of a handsome deportment. When a
lady gives her hand to a gentleman, he is to receive it as we have already
described. Those motions must be executed gently, without precipitation, B
and according to the time of music, observing that the turns of the
head and shoulders be made on the side of the arm which is raised. The head
must be carried high, and the parties reciprocally look at each other. When
both arms are raised together, the head and shoulders are to remain
straight, facing the opposite dancer.
Dancing is to the body what reading is to the mind. Reading good hooks
enriches the intellect, and causes it to shed a lustre, an eclat more
brilliant than if it was left to the simple resources of nature. Thus a
scientific mode of execution in dancing gives the body advantages, which
nature alone does not impart.